pas vu, pas lu

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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Urbex Sed Lex

Auteur :

Guillerme Christian

Categories : Thrillers
Date de parution : 26/05/2020

(9 avis)
Urbex Sed Lex


Tout d'abord le trailer officiel de la part de Taurnada. Cela devrait vous donner une idée de l'ambiance !

https://www.youtube.com/watch?v=dSrzr7IFlAM

Prologue
Cours. OK. Reprends les bases.
Le souffle, point crucial… essaie de le réguler.
Concentre-toi et souviens-toi de cette phrase apprise par cœur, à tes débuts au footing : « Lors d’un effort, l’organisme détecte une demande en oxygène pour évacuer le CO2 et alimenter les muscles, il s’ensuit une augmentation du rythme cardiaque pour les nourrir en sang et bla-bla-bla… » Tu sens ton cœur s’emballer ? Oui ? Parfait, tu commences à trouver la bonne allure.
Accélère un peu maintenant, mais sans trop forcer, contrôle toujours ta respiration, pas le moment d’avoir un point de côté. Tu perçois l’air plus vif fouetter ton visage en sueur ?
Tes épaules, ne les contracte pas inutilement, tu vas te fatiguer et te crisper, laisse tes avant-bras légèrement fléchis. Voilà, maintenant accélère encore un peu la cadence, l’amplitude de tes foulées. Heureusement que tu portes tes chaussures de running et pas celles de randonnée, pas vrai ?
Endorphines, dopamine, adrénaline, noradrénaline, glucagon, cortisol, aldostérone, ADH… Impressionnant, tu te souviens de tous les noms ou presque des hormones produites durant une séance de footing ! C’est parfait, pense à autre chose, ça évite de te focaliser sur eux.
Et cette odeur, tu la sens ? Celle qui caresse tes narines… celle qui semble saturée de relents de moisi et de plâtre en décomposition !
OK, maintenant, regarde devant toi aussi loin que le faisceau de la lampe de poche te le permet. N’oublie pas de temps en temps de jeter un œil sur le sol également, il ne s’agirait pas de trébucher. Ne te retourne pas !
Bien, tu sembles calmé, alors essaie de te souvenir de ton arrivée il y a une heure… allez, sans panique ! Non, il ne s’agit pas de cette direction, encore que dans la précipitation, tu puisses douter. D’habitude, tu n’oublies jamais ta boussole, elle t’aurait bien aidé maintenant !
Tu as cru quoi, que ce serait facile de relever ce défi ?
Un léger bruit sur ta gauche !
Le crépi défraîchi du mur vient d’exploser dans un petit nuage de particules blanchâtres ! Non, ne perds pas de temps à ralentir pour t’en préoccuper, garde la cadence, le regard au loin.
Attention, une cage d’escalier se dessine devant toi. Tu la distingues bien dorénavant dans le rayon lumineux.
À ton avis ? Tu dois descendre ou pas ? Vite, décide-toi… maintenant !
Tu montes ? OK. Ne te retourne pas, ça te ralentirait. Les bruits de pas sont encore loin, mais tu n’en jurerais pas, ta perception est moins bonne avec le battement sourd de ton cœur dans les oreilles.
Accélère de nouveau si tu peux. Tu vas t’en tirer. Juste… d’extrême justesse même, mais tu devrais pouvoir y arriver. Tu en auras des choses à raconter demain à tout le monde.
Certains ne voudront pas le croire, tu sais ? Tu verras sur leurs mines qu’ils mettront ta parole en doute. Avoue que tu aurais fait de même à leur place, non ? Tu aimerais t’y trouver d’ailleurs à ce moment précis, pas vrai ? Tu aurais dû partager avec eux ton idée d’expédition nocturne, ne pas répondre seul à cet appel stupide ! Il apparaît certain que l’un d’eux au moins t’aurait dit ne pas le tenter, pas en solo ! Mais l’aurais-tu écouté ?
Peut-être… peut-être pas !
Tourne à droite, comme ça… maintenant à gauche… voilà… monte encore ces trois marches devant toi… parfait.
Tu sembles sur le bon chemin, celui de l’évasion, celui qui te ramènera dans ton quotidien, celui que tu n’aurais jamais dû quitter hier. Tu vois que tu réussiras à t’en sortir !
Et là, tu vas… quoi ?
Bon sang ! c’est quoi cette histoire ?
C’est impossible, tu ne peux pas te trouver sur le toit de l’immense atelier. Tu t’es planté, il s’agit d’un cul-de-sac. Tu ne pourras pas franchir cet abîme à moins de te transformer en oiseau.
Tu donnerais n’importe quoi pour avoir le pouvoir de voler juste maintenant, hein ?!
Bon, arrête de délirer, rebrousse chemin, vite… vite !
Alors, où t’es-tu trompé ? En montant les trois marches tout à l’heure, c’est ça ? Oui, bien sûr, il fallait plutôt tourner sur ta droite, puis de là, descendre un grand escalier branlant en ferronnerie, celui qui grinçait dangereusement à l’aller, tu te souviens ? Après, tu aurais franchi les deux laboratoires en enfilade et tu te serais retrouvé dans le hall d’accueil, celui complètement tagué, avec au-dessus de tous ces dessins et signatures une flèche rouge t’indiquant le sens à suivre. Et de là, tu aurais pu foncer au travers de la grande cour bétonnée, passer par le trou pratiqué dans le grillage de sécurité, te retrouver sur la départementale, enfourcher ta moto cachée derrière des fourrés, et au revoir le cauchemar !
Toute cette histoire de fou à cause de l’ouverture d’un e-mail. Tu as été attiré comme un coléoptère nocturne par la lumière dispensée par cette somme d’argent ! Avoue que tu te voyais déjà faire tout un tas de choses avec ce fric ! Pas vrai ?
Bon, allez, pas de panique, tu dois avoir encore un peu d’avance sur tes poursuivants. D’ailleurs, où sont-ils maintenant ? Ils t’ont réellement suivi ?
Calme-toi et dompte les battements de ton cœur. Arrête-toi quelques secondes et fais le point. Synchronise le rythme de ton muscle cardiaque sur celui de tes poumons. Voilà, comme ça !
Bon, toujours pas de signes de présence de tes assaillants, retourne sur tes pas et… Attends !
Mince, tu entends ce bruit maintenant ? Ce sont des foulées… rapides… ils courent et semblent gagner du terrain !
Plus possible de rebrousser chemin.
Hâte-toi de réfléchir avant que ton cœur ne s’emballe à nouveau sous l’effet de l’adrénaline.
Il n’existe pas 36 solutions, et tu le sais, pas vrai ? Pour réussir, il ne faut pas penser à ta peur du vide.
Dirige-toi vers l’immense atelier d’où tu viens, celui au toit complètement éventré. De là, tu devras traverser à l’aide de l’énorme poutrelle métallique entraperçue tout à l’heure, celle qui semblait mener droit vers le néant, en fait, vers le mur opposé plongé dans les ténèbres. Cela reste le seul et unique moyen de leur échapper puisque tu te retrouves bloqué à cet étage.
Allez, maintenant !…
Tu reprends ta course, avec des mouvements plus désordonnés que tout à l’heure. Ce n’est plus le moment de croire que tu peux gérer la situation. Tu paniques complètement et tu as raison, il vaut mieux ne pas penser à ce que tes poursuivants pourraient te faire s’ils te rattrapaient.
Voilà, ici, dans le rayon lumineux, l’accès à la poutre apparaît juste devant toi. Ralentis et pose le pied sur le métal.
Comme ça, parfait ! 
La chance t’accompagne, tu ne peux pas voir tout en bas dans cette noirceur, et c’est tant mieux. Regarde devant toi et grimpe sur cette poutre. 
Doucement.
Maintenant, marche le plus rapidement possible sur ces 50 centimètres de large. Ne réfléchis pas aux dix ou douze mètres de vide qui t’entourent.
N’y pense pas ! SURTOUT pas !
Avance, il ne pleut pas cette nuit, l’acier ne sera pas trop glissant.
Voilà, continue, parfait !
Tu devrais y arriver, c’est sûr maintenant. Efface ce sourire de ton visage, il reste du chemin, concentre-toi davantage. Plus qu’une dizaine de mètres, les autres doivent se demander quelle direction emprunter, ils ne pourront pas se douter que tu as eu le cran de passer par le toit…
Tu entends ?
Et là ?
Bon sang, ils paraissent déjà là, ça semble impossible. Ils sont au pied de la poutrelle. Ils ne peuvent peut-être pas te voir, tu opères en silence, et avec l’obscurité qui règne dans cet immense atelier, peutêtre que…
Alors pourquoi ont-ils stoppé ? Pourquoi ressens-tu ces vibrations transmises par le métal ?
Que fais-tu ?
N’accélère pas comme ça, il te reste à peine cinq mètres, calme-toi, ne risque pas de glisser et de… 


La chute lui semble interminable. Le tatouage en forme de hibou gravé à la base de son cou ne peut pas grand-chose contre la loi de la gravité. Une fraction de seconde, il pense pouvoir s’en sortir si ce qui se situe en contrebas peut amortir sa chute.

Mais que pourrait-il bien se trouver au sol d’une cimenterie à part… du béton ?

Commentaires

rabiller delphine
Delphine 83
26/05/2020
le ton est donné. rien que par la description de cet extrait, on rentre dans "l'Urbex". on se met directement dans la peau du personnage et de ce qu 'il ressent. tu m'as embarqué "Christian" pour le moment autant qu'avec "la Corde De Mi", hâte de l 'avoir en main ce deuxième roman tant attendu et longue vie à lui.
TOPSCHER Nelly
Nelly78114
26/05/2020
Pour avoir eu le privilège de lire ce second thriller, je vous garantis que le frisson est assuré tout du long. Ce prologue donne admirablement le ton. On souffre avec ce personnage qui court pour sauver sa vie. Chaque mot est choisi avec soin pour que le lecteur essaie lui aussi d'échapper à... A qui? A quoi? Pourquoi? Tout cela vous le découvrirez en lisant le second thriller de Christian Guillerme. Après La corde de Mi qui est déjà une bombe, Urbex Sed Lex va faire grand bruit dans la catégorie thriller.
Théri Stéphane
Bienvenue à ce nouveau thriller. La couverture donne le "la" de l'univers de Christian Guillerme dont les mots ne se dissocient pas des images. Ligne après ligne, Christian vous happe avec précision pour vous ballader, au fil des page et, bien évidement de son gré dans une nouvelle aventure où le frisson, le suspens et la peur se côtoient pour vous donner, de concert, l'envie de dévorer les pages.
BLANC Déborah
Déborah Blanc
28/05/2020
Densité. Intensité. Rythme. Ce sont les mots qui me viennent à l'esprit quand je pense au style de Christian Guillerme. J'avais déjà eu cette impression en lisant La Corde de Mi. Je retrouve ici une allure, presque un tempo et l'épaisseur qui fait qu'un roman vous capte ou pas.
Pihan Bernard
Le Bouquiniste
30/05/2020
Tout simplement prenant !
Levy Nicolas
Sedona
02/06/2020
Super amorce et vidéo Youtube superbe aussi. Bravo !
Robsart Amy
Amy
11/06/2020
Sombre mais habile. Il y a de la maîtrise et une excellente connaissance du genre. Je ne suis pas trop lectrice de thrillers mais je souhaite saluer le travail effectué sur cette ouvrage. Le vocabulaire tient la clé d'une belle promesse de sueurs froides. La couverture sert admirablement bien l'atmosphère, le suspens et les premiers mots.
Martineau Martin
Le Biblio Gus
16/06/2020
Trailer et couverture annoncent le pire. L'extrait est bien construit et l'auteur donne, avec le tutoiement, un rythme et de la profondeur au propos. Saisissant !
Jean Luc
Luk
02/07/2020
J'adore vraiment
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