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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Poussière d'étoile

Auteur :

Linda Da Silva - Ma Nouvelle Plume

Categories : Romans
Date de parution : 09/03/2021

Extrait
(2 avis)
Couverture
Poussière d'étoile

1890 - Suzanne peaufine la coiffure d’Eugénie, un magnifique chignon duquel s’échappent quelques mèches, disposées délicatement sur le côté de son front. Elle est vraiment très douée. Même si elle est bien consciente que la jeune femme portera une magnifique coiffe lorsqu’elle sera de sortie, elle lui concocte chaque jour une nouvelle coiffure de sa création. Eugénie apprécie beaucoup les coiffures de Suzanne, elle, pas vraiment. Comme pour sa fille, elle est très jalouse de son incroyable beauté. Dotée de grands yeux bleus et d’une chevelure noire, mise en valeur par de magnifiques reflets auburn, ainsi que d’une silhouette élancée, elle fait des envieuses dans la maison. D’ailleurs, pas uniquement Eugénie, mais également Rose et certaines des filles qui travaillent avec elle. Elle surpasse le charme fardé des femmes du monde qui ont besoin de bijoux et de soieries pour briller. Suzanne possède ce que d’autres cherchent à reproduire à coup d’artifices : la beauté pure d’un très joli visage que la nature a bien doté. Eugénie se lève, s’observe dans le miroir, apprécie sa coiffure mais ne prend pas la peine de remercier Suzanne. Elle s’adresse à elle tout en s’admirant, sans même se retourner.

[...]

Suzanne lui confie également sa grande passion pour la danse classique. Pierre se garde bien de lui avouer qu’il l’a aperçue à maintes reprises danser en effectuant son travail, et qu’il l’a trouvée tout simplement éblouissante. Son rêve secret, parcourir et découvrir le monde, grâce à cette passion.
Ils restent allongés côte à côte, pendant un long moment, à discuter, à rire. Tout à coup, il se tourne vers elle.
— Quel est ton rêve ? chuchote Pierre. 
— Que tu m’embrasses sous la pluie, et le tien ? ose-t-elle.
— Qu’il pleuve.
Soudain, le jeune homme se lève et cueille quelques fleurs, qu’il assemble en forme de petite couronne. Il les dépose dans les cheveux de Suzanne et s’approche d’elle pour l’embrasser, lorsque soudain Henri arrive et les interrompt.

1960 - Ils partagent tous les trois un appartement situé à Saint-Cloud. Elle effectue sa tournée chaque jour dans plusieurs villes alentour : Sèvres, Meudon, Boulogne ou Ville d’Avray. C’est dans cette dernière, qu’elle retrouve avec un plaisir non dissimulé, ses patients préférés Yvonne et Jean-Pierre.
Jean-Pierre, âgé de soixante-huit ans, a connu les deux guerres mondiales, soldat lors de la deuxième. Yvonne et lui se fréquentaient déjà à cette époque, ils se sont mariés juste avant qu’il ne parte au front. 
Ils résident dans une magnifique demeure datant de la fin du 19ème siècle, entourée d’un immense parc arboré. Devenue beaucoup trop grande depuis le départ de leurs enfants et trop coûteuse à entretenir pour eux, ils viennent récemment de la mettre en vente. Lise adore se rendre à cet endroit, elle ne sait pas pourquoi, elle s’y sent bien.

Elle aime déambuler lentement dans le parc, menant à l’entrée. Le chant des oiseaux la rassure, les parfums émanant de ce magnifique jardin l’embaument dès le matin. Son regard se pose délicatement sur les nombreux rosiers. Elle sonne à la porte, Jean-Pierre l’invite à entrer et à s’asseoir dans le petit salon.
Comme à son habitude, il écoute son émission de radio préférée sur RTL : Les Grosses têtes présentée par Philippe Bouvard, qu’il admire et suit depuis le début. A chaque visite, il lui résume celle du jour. Lise aime également beaucoup ce programme, même si elle n’a pas le temps de l’écouter quotidiennement. Des questions de culture générale sont posées à un petit groupe d'invités, choisis pour leur humour et leur sens de la répartie. Jean-Pierre baisse le son du poste de radio. 
— Bonjour, comment allez-vous ? interroge Lise, en posant la main sur son front, mécaniquement.
Lise l’aide, depuis plusieurs mois, à prendre en charge son diabète, qu’il se sent incapable de gérer seul, faisant souvent des écarts alimentaires. 

[...]

En quittant la chambre, Lise traverse à nouveau le long couloir, son regard est attiré par une lumière aveuglante provenant d’une autre pièce. Cela l’intrigue, elle suit le scintillement des yeux et se dirige vers elle, sans vraiment réfléchir. Elle pénètre dans cette chambre, décorée de la même manière que celle d’Yvonne mais beaucoup plus spacieuse. A l’intérieur, de magnifiques portraits ornent le mur derrière le lit. Un très beau couple trône au centre de l’un de ces tableaux, accompagné d’une jolie jeune fille au milieu. Un magnifique portrait de famille. Elle n’était jamais entrée dans cette pièce, elle en profite pour en faire le tour et s’attarder. Elle est subjuguée par la décoration et par ce qu’elle ressent dans cette pièce. La chair de poule chatouille ses bras nus et froids, elle ressent une légère fraîcheur qui se propage tout le long de son corps. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, mais ressent un profond bien-être. Soudain, elle entend une petite voix : 
« Délivre-moi. »

2020 - Agnès rentre enfin chez elle après sa soirée avec Céline, balance ses Louboutin dans l’entrée et s’affale sur son canapé quelques minutes, en laissant tomber son sac à main sur le tapis. Elle envoie un texto à Mathieu pour lui souhaiter une bonne nuit. Enfin, après avoir écrit cinquante versions de son texto bien sûr, comme à chaque fois qu’elle lui envoie un message. Elle se lève et ouvre le frigo, qui, comme d’habitude, laisse entrevoir un vide sidéral. Elle se résigne à commander un repas japonais et sélectionne un DVD en attendant la livraison. Elle choisit Love Actually, qu’elle regarde pour la millième fois. Elle ne s’en lasse pas et pleure toujours autant devant les mêmes scènes. Surtout celle dans laquelle Mark, alias Andrew Lincoln, avoue son amour à Juliet, alias Keira Knightley, et qu’il sonne à la porte muni de ses pancartes, lançant un chant de Noël…Qui n’a pas pleuré devant cette scène !
Elle aimerait tellement qu’une personne lui déclare sa flamme ainsi, ou au moins d’une façon romantique. Mais bon, on ne voit ça que dans les films. Elle termine son repas sur le pouce et file prendre une douche, bien chaude, comme elle les aime.
Comme chaque soir, sorte de rituel, elle prépare sa tenue pour le lendemain. Elle aime prendre son temps le soir pour se lever le plus tard possible le lendemain, et que tout soit déjà prêt. En face de son lit, trône un magnifique mannequin en fer forgé, sur lequel elle dépose une très belle robe, vert émeraude, qu’elle mettra demain, et dispose des escarpins noirs à côté.

Elle se pose sur son lit pour lire, et s’endort après seulement quelques pages.

[...]

Agnès s’affaire dans son studio de création. Depuis petite, elle a toujours aimé dessiner des robes, ainsi que des accessoires. Elle rêve depuis ce moment-là de travailler dans la mode, c’est chose faite. Elle est en pleine préparation d’une nouvelle collection, ce qui signifie qu’elle doit se consacrer uniquement à ce projet durant des semaines. Elle aime travailler les formes, les couleurs, les lignes, les matières, elle est vraiment très douée dans son domaine. Elle n’en est encore qu’à l’étape du dessin. Elle prépare différents croquis et prévoit les coloris, les impressions, les tissus ainsi que les différentes techniques de réalisation. Pour elle, c’est la partie la plus intéressante de son travail. Tout ce qui suit, le marketing, les défilés, tout cela n’est que fioriture pour elle. Elle aime rester dans l’ombre.
Elle a un petit coup de pompe et un léger manque d’inspiration. Dans ces moments-là, elle aime se changer les idées, faire un peu de shopping et aller prendre un petit thé avec des macarons au Café des Délices, ce qu’elle décide de faire. Elle se surprend à vouloir s’y rendre à pied. Son studio, comme un fait exprès, ne se trouve pas très loin. Elle prend tout son temps et profite des rayons de soleil qui lui donnent une sensation de bien-être sur le visage, durant sa promenade. Paris est sa ville préférée, la ville où tout peut arriver, où beaucoup de nationalités se croisent, où tout est rendu possible. Après une bonne demi-heure de marche, elle pousse la porte et fait retentir la clochette.


 

 

 

Commentaires

rabiller delphine
Delphine 83
11/03/2021
.E
.C
bienvenue Linda sur Pas Vu Pas Lu. Ce roman étant dans ma pal et ayant lu la 4ème de couverture, il se déroule sur 3 époques et raconte 3 femmes différentes, je pense qu'il serait confortable pour le lecteur d 'avoir un extrait de ceux ci.
TOPSCHER Nelly
Nelly78114
12/03/2021
.E
.C
Hello Linda. perso cet extrait est un brin trop descriptif pour savoir si j'aimerais ou pas ton histoire. C'est aussi peut-être l'époque traitée qui veut ça.
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