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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

les amis pour la vie

Auteur :

Simon Delannoy

Categories : Ouvrage en quête d'éditeur
Date de parution : 08/09/2019

(6 avis)
les amis pour la vie

- A plus gros naze !

- Ok, gros con !

Et voilà, ces quelques mots recelaient bien plus qu’une complicité ou encore de l’amitié, ils étaient tout et tout était fini. Rien ne pouvait me laisser envisager que ce départ précipité et pourtant attendu de tous, nous séparerait pour certains tout le reste de notre vie et pour d’autres, sur lesquels, il m’eut été difficile d’engager le moindre espoir de continuité, la force du vide créée par cette séparation se comblerait quelques mois plus tard par des engagements réciproques d’amitié sincère. L’école était finie. Les promesses d’aventures sonnaient très fort et tapaient à grands cris sur les parois de mon tympan. Je dois avouer que le principal ne vînt frapper à ma porte qu’après les premiers tourments que seule la vie active réserve. Certes, l’école était finie mais la vie commençait avec ses choix difficiles, ses coups bas, et cette première rupture qui en annonçait tant d’autres, cachées, elles aussi, dans les recoins de ma destinée. Le jour de la fin des classes, nous nous étions tous jetés dans la vie ou plutôt la vie s’était jetée sur chacun d’entre nous. Le mauvais caractère de l’un, la lourdeur d’un autre, le fameux anorak rouge d’untel ou les blagues puériles de machin formaient le cercle des choses  disparues. Aux interrogations écrites presque toujours redoutées succédaient les premiers doutes, les premiers choix à faire et là, ce n’était plus avoir la moyenne qui comptait mais ne pas se planter et rester sur le banc de touche. Le plus terrible des zéro ne donne jamais la sensation que procure le premier échec ou la terre semble tout à coup tourner sans vous. Des nuits entières j’ai continué de rêver à ces moments faciles de notre existence ou la plus mauvaise des notes se voyait gratifiée subitement d’un sourire qui en disait long sur la nostalgie des années « gros naze ». Quelques milliers de cheveux perdus, un service militaire plus que court, des « Va te faire foutre » aux directeurs mal habiles de sociétés qui voulaient assez naïvement, à moi, l’élève aux trois conseils de discipline, me dicter la marche à suivre et puis une soudaine prise de conscience, une terrible sensation de terre perdue pour une nouvelle qui ne lâchait rien sans que cela soit durement mérité ou pire encore qui se dérobait sous mes pieds sans que j’ai eu à faire quoi que ce soit. Je commençais à comprendre que chaque interrogation était sournoise et que je devais à présent apprendre à taire ma gueule, écouter et m’imprégner de ce nouveau monde pour un jour y poser une empreinte, mon empreinte. En attendant ce jour, je pourrais dans les moments les plus terribles de mon existence, me reposer sur la valeur incommensurable de la chaleur et de l’écoute de mes amis.

Commentaires

Dormont Lise
Dormont Lise
13/09/2019
Quel tempérament Simon ! Si toutes tes pages ressemblent à celle-ci, je veux en lire d'autres et d'autres encore.
Laura Linney
Laura
14/09/2019
Nostalgique Simon ? Que de souvenirs émergent à la lecture de vos lignes. C'est vrai que le monde du travail est dur. Je n'ai pas eu trop de zéro durant ma scolarité mais la vie professionnelle m'a distribué quelques revers. J'aime vos écrits !
Capone Marc
Le livrosorus
14/09/2019
Je n'aime pas trop les deux premières lignes. Pourtant, elle me rappellent certains bruits de couloir. Il y a de la nostalgie dans cet extrait. Est-ce une nouvelle, le début d'un roman ? J'avoue ne pas avoir mis trop de zéro durant toute ma carrière. Maintenant, je pense, très honnêtement que les petites vacheries des profs sont plus faciles à oublier que les vacheries de la vie. Avis !
rabiller delphine
Delphine 83
27/01/2020
le passage à la vrai vie est une grosse claque. intriguant j aimerais bien lire un autre extrait
Alina Marchand
Bahia
02/03/2020
Et bien voilà un jeune qui vient de découvrir que la vie scolaire n'était pas si dure que ça et prend avec maturité la sévérité de la vie professionnelle. Je rie un peu en lisant ces lignes, elle me rappelle mon frère. L'extrait est un peu court, dommage !
Thaïs Lenormand
Thaïs L
21/04/2020
Les deux premières lignes comme le reste me rappellent beaucoup de choses. Les potes, comme disaient mes parents, ça va, ça vient. Mais, je dois reconnaitre que ça dégage aussi assez vite.
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