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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Le Café des Délices - La Rencontre

Auteur :

Linda Da Silva - Ma Nouvelle Plume

Categories : Romans
Date de parution : 09/03/2021

Extrait
(2 avis)
Couverture
Le Café des Délices - La Rencontre

En sortant du métro, on traverse une grande avenue, bordée d’arbres tout du long. On se croirait presque à la campagne, avec toutes ses senteurs et ses magnifiques couleurs, surtout lorsque les arbres sont fleuris. C’est tellement calme. Le restaurant est idéalement situé, avenue Victor Hugo, entre la tour Eiffel et le Trocadéro, et pas si loin des Champs-Élysées. La devanture est de couleur taupe, Café des Délices est écrit au centre, en rose pâle et en italique. Le restaurant donne dans une petite impasse, très calme. Lorsqu’un client ouvre la porte, une petite cloche retentit.
Avant l’ouverture, elle vérifie que la salle est propre, que tout est bien à sa place. Je la regarde faire. Elle dispose des fleurs fraîches, achetées en route, dans de beaux vases sur chaque table. Elle rafraîchit la salle avec des huiles essentielles de rose. Elle secoue les rideaux, de couleur grise, dont elle a soigneusement choisi le tissu au marché Saint-Pierre où elle adore chiner. 
Il n’y a pas énormément de tables, seulement une petite quinzaine. Maman ne voulait pas ouvrir un restaurant trop grand. Elle m’a expliqué qu’elle préférait en ouvrir un petit, de qualité, dans lequel elle aurait le temps de bien faire les choses comme elle le souhaite. Et surtout, où les gens pourraient discuter entre eux, pour plus de convivialité, et qui lui laisserait également le temps de parler avec eux. 
La cuisine se trouve derrière le bar, c’est dans cette pièce que Maman prépare ses bons petits plats. Elle y tient, tout est fait maison ici ! Sa spécialité : les macarons. Ils sont trop bons. Sucrés, comme ceux au Tiramisu, au pain d’épices ou à la fraise Tagada. Ou même salés, comme ceux au foie gras et chocolat épicé, au champagne ou au potiron. 
Côté cour, Maman a installé quelques tables. Le matin, c’est à l’ombre, mais à partir de midi le soleil y règne toute la journée. Ce jardin arboré est rempli de fleurs toutes plus colorées les unes que les autres, même les oiseaux s’y sentent bien. Elle y a ajouté également quelques poufs et des transats, disposés sur le petit coin pelouse, pour ceux qui viennent juste boire un verre.
Au Café des Délices, le midi vous pouvez bruncher et prendre un thé, ainsi que des cocktails. Le soir, elle cuisine des plats plus gastronomiques et classiques de poissons, comme le thon mi-cuit, le tournedos de lotte ou le cabillaud rôti. Ou de viandes, comme la pièce de bœuf, le foie de veau, le suprême de poulet. Elle prépare également de très bons desserts, comme des moelleux au chocolat, ananas rôti, ou éclair caramel.
À côté de la salle de restaurant se trouve une dernière pièce, séparée par une jolie verrière qui permet de voir ce qu’il s’y passe depuis la salle. C’est un endroit exclusivement réservé aux enfants et décoré comme une chambre, très colorée. On y trouve beaucoup de jouets, de jeux de société, de livres, de CD et DVD, ainsi qu’un petit vidéoprojecteur et un écran, grâce auquel nous pouvons visionner des dessins animés.
Cindy est la personne en charge des enfants. Après un CAP Petite Enfance, elle a travaillé en tant que nounou avant d’être engagée ici. Jolie petite blonde de vingt-cinq ans, avec un visage fin et une petite fossette au bord des lèvres, sa longue chevelure tombant en cascade sur ses épaules. D’une grande vivacité, elle est toujours de bonne humeur. Bien que n’étant pas très féminine et s’habillant le plus souvent en jean, il émane d’elle une certaine sensualité. Elle adore les gamins et s’en occupe comme s’ils étaient les siens. Elle est l’aînée d’une fratrie de cinq enfants, dont quatre garçons plus jeunes qu’elle. Du coup, avec tous ses petits frères, elle est habituée à s’occuper des enfants. Elle aime jouer avec eux, raconter des histoires et regarder des dessins animés en leur compagnie. Lorsqu’il n’y a pas beaucoup de monde, elle aide également Maman en salle et en cuisine. C’est souvent elle qui arrive après Maman… 

[...]

Le métro est bondé, comme tous les jours de la semaine.
Tom, grand brun de trente-trois ans, se plonge dans un livre, fidèle à ses habitudes lors de son trajet pour aller travailler. Deux jeunes filles le fixent et lui sourient. Elles tentent une approche, très vite avortée, Tom ne paraît pas du tout intéressé.
En sortant de la station de métro, il s’arrête à la boulangerie pour s’acheter un pain au chocolat, son petit pêché mignon. Il repense à cette polémique entendue aux informations concernant les pains au chocolat et les chocolatines, ce qui le fait sourire. Il traverse la rue en face du restaurant et pousse la porte lentement : il adore entendre la clochette retentir. Il est marié avec Emma et ils ont un petit garçon de deux ans prénommé Mathis. Tom travaille avec Maman, en tant que serveur, depuis le début. Il est très consciencieux, a le souci du détail et toujours le sourire. Il arrive pratiquement tous les jours en jean au restaurant et se change avant l’ouverture. Il est constamment tiré à quatre épingles, une chemise blanche sans aucun pli, un pantalon à pinces et un gilet noir au-dessus de sa chemise. À ses pieds, de magnifiques chaussures de ville, noires, qu’il cire tous les matins en arrivant.
Tout comme Cindy, il a l’air fatigué.      
— Bonjour Tom. Mathis a encore fait des siennes cette nuit ? Tu n’as pas l’air d’avoir beaucoup dormi, s’enquiert Maman.
— Bonjour les filles. Oui, il se réveille toutes les heures, je n’en peux plus. Il aura notre peau ! répond Tom en posant une main sur sa joue tout en secouant la tête.

[...]
      
Martial prend son temps sous la douche, très chaude. Bras tendus sur la paroi, il reste la tête baissée sous l’eau un long moment.
Il s’éponge avec la serviette qu’il a soigneusement posée sur le radiateur pour qu’elle soit bien chaude à sa sortie. Il vit seul dans son appartement du 4e arrondissement. Il met ses écouteurs, puis passe prendre son vélo dans la cave et part travailler. Pour environ vingt-cinq minutes de pédalage. Il apprécie tout particulièrement ce trajet, car il passe par la rue de Rivoli, avec ses enfilades d’arcades, ainsi que par la place de la Concorde.
Il arrive au restaurant et entre en dansant, comme à son habitude. Barman, métisse de vingt-neuf ans, célibataire. Joli mélange d’une mère sénégalaise et d’un père italien, dont il a pris les yeux verts. Il est assez décontracté dans sa façon de s’habiller, souvent en jean et T-shirt. À l’instar de Cindy, il est toujours de bonne humeur, ce qui est indispensable dans son travail, parce qu’il est en contact direct avec la clientèle. Comme tout barman qui se respecte, il sait écouter et a beaucoup d’empathie. Il sert les thés, les cocktails qu’il conçoit lui-même et les alcools. Il est également spécialiste en vin et spiritueux de renommée, très coûteux. Derrière le bar trône une magnifique cave à vin derrière une vitrine, les amateurs peuvent ainsi contempler toutes les bouteilles, autant qu’ils le veulent. Martial sert les habitués qui viennent pour le brunch, mais également ceux qui viennent juste prendre un verre. Et, tous les soirs, c’est happy hour au bar entre 19 h et 20 h.
Il est presque 11 h, l’équipe est au complet. Maman part en cuisine pour jeter un œil sur tout ce qu’elle a préparé la veille et je l’accompagne pour l’aider. Elle cuisine toujours les desserts et les macarons le soir après la fermeture, parce que ce sont les choses qui lui prennent le plus de temps. Comme ça, elle peut nous amener à l’école le matin.
Tom part ouvrir la grille et une longue journée démarre !
Comme tous les matins, les deux premiers clients attendent l’ouverture devant la porte, réglés comme une horloge. Marcel, soixante-cinq ans, ainsi que sa femme Odette, soixante-trois ans, tous les deux retraités. 
D’un milieu aisé, Marcel est toujours très bien habillé, souvent en costume. Il a une montre à gousset, à laquelle il tient énormément. Il la tient de son père. Elle a un boîtier assorti à sa chaîne, qui laisse entrevoir le squelette intérieur et révèle les pièces d’horlogerie en mouvement. Son père l’avait récupérée durant la Seconde Guerre mondiale, auprès d’un soldat allemand qui aidait des enfants juifs à sortir de Paris. Il la lui aurait donnée pour le remercier de son aide. Il la garde très souvent à la main.
Quant à Odette, elle marche avec une canne depuis qu’elle est tombée dans l’escalier de leur appartement, il y a quelques années. Elle porte souvent des jupes, assorties avec de jolis chemisiers très colorés. Ils habitent dans la rue du restaurant et viennent prendre leur thé, qu’ils accompagnent de quelques macarons. Ils restent régulièrement pour bruncher. 
Marcel et Odette s’installent à leur table habituelle, près de la fenêtre. Trois ans déjà que le restaurant est ouvert, et dès le premier jour ils étaient présents. D’abord parce que c’est près de chez eux, puis parce qu’ils sont curieux, et, enfin, comme ils le disent eux-mêmes, pour déguster les meilleurs macarons de Paris.
Maman met un point d’honneur à les servir elle-même. Généralement, comme ils viennent tôt et que les autres clients arrivent un peu plus tard, elle en profite pour s’assoir un moment avec eux pour discuter. Ils viennent aussi pour ça, à mon avis. Je la suis jusqu’à leur table, je suis ravie de les revoir. Ils me reconnaissent tout de suite, Odette me serre dans ses bras.

Commentaires

MAGDELAINE Emmanuelle
Manoue
16/03/2021
.E
.C
Un super roman qui vous donne envie de pousser la porte du café, de vous asseoir pour déguster un bon cappuccino accompagné d'un dessert maison.... alllez-y c'est permis. Vous ne le regretterez pas.
Robsart Amy
Amy
17/03/2021
.E
.C
Une écriture légère et des extraits un peu courts pour prendre la pleine mesure des personnages présentés.
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