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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka

Danse avec la Nuit

Auteur :

Déborah Blanc

Categories : Romans
Date de parution : 01/11/2021

Extrait
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Danse avec la Nuit

Résumé :
Après la mort de sa mère, le jeune Caleb Carpenter quitte New York pour rejoindre son père dans les terres sauvages du Montana.
Ce dernier lui enseigne alors le dur métier de trappeur et l’initie aux lois implacables du grand nord. A ses côtés, Caleb va découvrir le quotidien des Sioux et notamment, le chef Hibou qui rit qui est l’ami de son père.
Ces derniers lui racontent alors une étrange histoire, celle d’une sioux immortelle, esprit de la nuit, qui se nourrit du sang de ses victimes. Lorsque Caleb tombe nez à nez avec la mystérieuse squaw, il est loin de se douter que cette rencontre va bouleverser sa vie et son destin.
 
Prologue :  Le cerf releva la tête. Il était nerveux. Il fit quelques pas, ses naseaux fumant dans le froid vif de la nuit automnale. Dans la brume qui s’élevait du sous-bois, la forêt avait quelque chose de menaçant. Il se figea et pivota les oreilles, à l’affut du moindre bruit, prêt à fuir en cas de danger. Il sentait une menace encore informe, comme si quelque chose rôdait dans les parages. Parfaitement immobile, il scrutait les bois de son regard doux et craintif.
Tapi derrière un rideau de fougères, le puma attendait lui-aussi. Il avait progressé sans se faire remarquer. Il serait bientôt en mesure de bondir sur sa proie et de l’immobiliser. Il avança un peu plus. Il ramassa ses pattes puissantes pour se jeter sur son repas.  Au moment où il s’apprêtait à attaquer, un éclair fendit l’air avec une telle rapidité qu’il fut pris de court. Le cerf se débattit vainement, un bref instant, avant de s’effondrer. La créature avait planté ses crocs puissants dans son cou et lui avait brisé la nuque en quelques secondes. Elle était penchée sur sa victime. Sa silhouette sombre et affamée bougeait par à-coups et un bruit de succion résonnait dans le silence. Le puma sentit une odeur inhabituelle. Ce n’était pas l’effluve d’un loup, ni les relents d’un humain, ni l’odeur d’un félin. Non c’était autre chose. Il avança, curieux et méfiant à la fois. La créature se retourna. Pourtant il n’avait fait aucun bruit. Deux yeux rouge-sang le fixèrent. Deux yeux terrifiants le transpercèrent. Le regard d’un prédateur. Le regard d’un tueur redoutable. Le puma déguerpit.
 
Chapitre 1 : Caleb

Quand j’ai décidé de quitter New York pour rejoindre mon père, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. La vie au grand air, les immenses espaces, un monde rude et dangereux, c’est ce que l’on m’avait décrit mais je n’arrivais pas à me l’imaginer. Pourtant, cette terre lointaine, j’y suis né. L’année de mes cinq ans, ma mère a rendu son tablier pour fuir une existence précaire. Le froid, la neige, la solitude et l’inconfort d’une cabane au fond des bois ont eu raison de sa patience. Elle a craché sa rancœur et son exaspération au visage de mon père, m’a attrapé par la main et a repris le train jusqu’à la côte est. Enfin c’est ce que ma grand-mère m’a raconté. Ma mère n’a jamais remis les pieds dans le Montana, abandonnant son mari et leur vie difficile. J’ai grandi dans la sécurité relative de la grande ville. Mais le destin est joueur. Il y a un an, ma mère est morte de la tuberculose. J’étais effondré mais je pouvais compter sur l’affection de ma grand-mère et sur l’amour de ma fiancée, Jenny. Nous devions nous marier. Un malheur en entraînant un autre, alors que j’avais besoin de son soutien, alors que je pensais savoir ce qu’était l’amour, elle a tout bonnement rompu notre engagement pour un parti bien plus intéressant. Les dollars avaient plus de charme que mon joli minois. J’en ai conclu que les femmes sont toutes volages et peu fiables. Je me suis fait la promesse de ne plus jamais tomber amoureux. Je me suis mis à détester cette ville pleine de fourberies et de coquettes. Je devais changer d’air et vite. Rester à New York était devenu impossible. J’étouffais. J’ai demandé à ma grand-mère où se trouvait mon père. Elle savait. Bien sûr, au début, elle n’a rien voulu me dire mais voyant mon mal-être, elle a cédé. J’ai écrit à ce père fantôme et au bout de quelques mois, j’ai reçu une réponse. Il m’invitait à le rejoindre, à venir découvrir la vie dans le grand ouest. Je m’appelle Caleb Carpenter. J’ai dix-huit ans et je suis déjà plein de tristesse et de regrets.

Pendant mon long voyage en train, j’ai regardé avec excitation le paysage changer. Plus je m’enfonçais à l’intérieur du pays, plus la nature semblait vorace, comme une ogresse dévorant la civilisation. Quand j’ai pris la diligence jusqu’à Fort Owen où mon père m’attendait, la violence et la beauté des paysages m’ont sauté à la gorge. Mon père, Bill Carpenter, est un homme trapu aux mains calleuses et aux doigts noueux. Un trappeur rustre et silencieux qui arpente les terres sauvages depuis plus de vingt ans. Je pensais que renouer avec lui serait extrêmement compliqué mais il n’en est rien. C’est quelqu’un de bienveillant et calme. Pas d’effusions. Ses yeux m’ont montré l’essentiel. Pas de longs discours. Son sourire m’a immédiatement mis à l’aise.  Cela fait à présent trois mois que je le suis dans son travail. La vie dans ces contrées est exaltante. Je suis curieux de tout. J’ouvre de grands yeux et j’apprends, pas à pas, les lois implacables des régions sauvages.

Ce matin d’automne, nous relevons les pièges dans un des secteurs où il a l’habitude d’opérer. Je remarque soudain la forme d’un animal à terre. Je m’approche. C’est un grand cerf aux bois magnifiques. Je me baisse pour regarder la dépouille d’un peu plus près.

 

— Papa ! Viens-voir ça !

 

Mon père qui relève ses pièges à quelques mètres me rejoint. Il examine le cerf et fronce les sourcils.

 

— Recule ! Ne le touche pas fiston.

— Je n’ai jamais rien vu de tel ! Quel animal a bien pu faire une chose pareille ?

— Aucun.

— Des hommes ?

— Non plus. Les animaux tuent pour manger et laissent des carcasses où il n’y a plus grand-chose. Les hommes tuent pour la viande, pour la peau ou pour s’amuser. Vois-tu une trace de balle ?

— Non. Que s’est-il passé ?

— La nuque a été brisée net. Il a été mordu ici. Regarde la marque profonde de ces crocs ! La mort de cette bête remonte à quelques heures à peine. Elle a été vidée de son sang.

Il lâche un juron.

— Que se passe-t-il papa ?

— J’ai déjà vu ça. Quatre ou cinq fois. Il y a plusieurs années. Il vaut mieux ne pas traîner dans les parages.

— Pourquoi ?

— Les Indiens prétendent qu’une créature de l’ombre sévit dans ce pays. Elle attaquerait la nuit et s’abreuverait du sang de ses victimes.

 

Paru le 31 octobre 2021 aux éditions Encre de Lune
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