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"Toute littérature est assaut contre la frontière." Franz Kafka
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Vincent Pelloux

Prof d'histoire, Auteur, Aquarellis...

INFORMATIONS

Vincent Pelloux :

Professeur d'histoire et Géographie, Auteur & Aquarelliste

Retrouvez un extrait de "Ah-Mun" sur le site www.pasvupaslu.com en suivant le lien du haut de page et un extrait de la nouvelle " Une vie pour elle" co-écrite avec Félicité Ngjiol en suivant cliquant sur le lien ci-après :

https://www.pasvupaslu.com/livre/a-vrai-dire-deux-nuits-et-trois-jours-une-vie-pour-elle-en-collaboration-avec-vincent-pelloux/37

COMPLEMENTS

Vincent trace sur le papier des marques qui pour certaines, sont semblables à des coups de griffes et pour d’autres à de grands coups de gueule. L’empreinte de ses mots dévoile, à chaque nouvelle page tournée, une idée plus précise encore du tempérament de l’auteur. Avec Vincent, les mots volent tout simplement en éclats. Certaines pages sont écrites avec force comme si l’auteur souhaitait vous poser face à lui pour vous crier ses mots, vous les envoyer en pleine figure. Les intentions sont claires et on le comprend vite. Avec la nouvelle qui va suivre «Ah Mun», Vincent nous parle bien évidemment d’histoire et de culture. Mais, au fur et à mesure que l’on tourne les pages, «Ah Mun» nous révèle également combien nous avons tous et ce, quelle que soit l’époque de notre passage sur Terre et, quelles que soient nos croyances, des combats à livrer contre nous-même et parfois contre tous pour atteindre un but. Il importe peu que ce but puisse sembler illusoire au reste du Monde, qu’il faille déplacer des montagnes pour l’atteindre, une seule chose compte, réussir. Vincent et ses mots forts, Vincent et son tempérament pourtant se posent pour laisser place à la réflexion et au recul et nous gratifier de quelques élans de sensibilité qui, comme Ah-Mun, reviennent de loin pour nous émouvoir.

S.T

1/ Si j’ose m’exprimer ainsi, une fois votre journée de prof d’histoire et géographie terminée, quelles sont vos activités extra-scolaires ?
Ma vie extra-scolaire est, pour la majorité du temps, celle d’un père de famille célibataire. Je vis seul avec mes deux derniers enfants âgés de 24 et 20 ans, tous les deux étudiants. L’aîné vit à Lille où il est, comme moi, professeur d’histoire-géographie en collège. Le dernier cours achevé, je reprends mon véhicule, direction ma « deuxième vie ». Une fois arrivé, après avoir câliné mon chat et nourri les poissons de mes 6 aquariums tropicaux, je me dirige vers mon bureau afin de relever mes mails, compléter un cours, en corriger un de la journée qui aurait pu être meilleur (il faut battre le fer quand il est chaud ! ) ou corriger un paquet de copies ! Tout cela entrecoupé de la préparation du repas, de discussions avec mes enfants sur leurs journées, des courses si je termine mes cours plus tôt, de lessives. Enfin, après le travail, je m’adonne à l’une de mes passions : les documentaires d’histoire (en particuliers ceux d’Arte et de la 5) que je regarde en différé après avoir travaillé. Mon autre occupation principale est l’aquarelle. Mon père en peignait de superbes, j’ai donc pris des cours. En 2012, avec des amis, nous avons fondé une association, Eaux et Lavis. Un dimanche après-midi par mois, parfois plus, nous bloquons dans nos emplois du temps bien remplis, un créneau pour peindre. Les séances dans la bonne humeur stimulent notre création, ainsi que les critiques positives des uns et des autres. Chaque année nous exposons nos œuvres de l’année travaillées selon un thème décidé par tous. Je participe aussi à l’atelier d’écriture qu’anime l’énergique et talentueux Stéphane Théri à Magny-les-Hameaux. Enfin il suffit de me voir pour comprendre que j’aime manger… et cuisiner ! J’affectionne les recettes traditionnelles (pot-au-feu, bœuf bourguignon, soupe au pistou…) et je raffole de voyager dans d’autres cuisines, notamment celles du Maghreb et de Chine. Je suis même allé jusqu’à cuisiner tout un repas de recettes romaines, alliant ma gourmandise à ma passion de l’histoire.
2/ Comment classez-vous l’écriture parmi celles-ci et quel lien faites-vous entre l’écriture et l’aquarelle ?
L’écriture, comme l’aquarelle, sont des moments à part dans la vie trépidante que nous menons tous. Se consacrer à l’un ou à l’autre, c’est faire une coupure. Durant ce moment, on ne se concentre que sur sa feuille de papier, rien d’autre n’existe. Une amie, professeure de Qi-Gong, m’a dit que c’était l’équivalent d’une méditation. Je la crois. On se sent très calme après avoir peint ou écrit (surtout si c’est réussi). Dans les deux activités, l’œuvre (puisqu’il faut l’appeler ainsi) a souvent mûri longtemps dans ma tête. En aquarelle, après avoir choisi le sujet j’imagine les couleurs, les coups de pinceau qu’il faudra donner, la quantité d’eau ou de couleur. Après divers essais sur des brouillons je me lance. Pour l’écriture c’est pareil.
3/ Pour quelle(s) raison(s) avez-vous écrit votre nouvelle : «Ah-Mun» ? Quelles étaient vos intentions originelles ?
J’ai été inspiré par une nouvelle d’Agatha Christie qui raconte l’histoire de la statuette d’un petit dieu au British muséum, témoin d’une histoire d’amour. Ce point de vue original, où l’objet est le narrateur, m’a plu. J’ai toujours pensé que les meubles ou les objets, s’ils pouvaient parler, raconteraient des choses passionnantes. Pour le cadre je me suis inspiré des deux années passées à El Salvador, un petit pays d’Amérique centrale coincé entre le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua. J’y ai découvert la civilisation maya, sa splendeur, ses différences avec la nôtre, sa richesse et aussi sa violence. A l'époque, ce qui m’avait frappé était la permanence de cette civilisation malgré la conquête espagnole. La conquête a laissé une très grande violence dans les rapports sociaux qui dure encore. Enfin le personnage de l’archéologue est inspirée d’une archéologue française vivant et travaillant au Guatemala, dont le travail et la vie étaient évoqués dans un documentaire.
4/ Quel est votre rapport au livre en général ? Quelle type de lecteur êtes-vous ? Êtes-vous un lecteur assidu ou occasionnel ?
Le livre est d’abord un outil de travail, sous forme de manuel que j’utilise tous les jours dans le cadre de mon métier. C’est aussi un synonyme de détente et de repos, d’un moment à moi. Je lis tous les jours. Souvent, je relis des livres que j’ai déjà lu, j’y découvre toujours de nouveaux aspects. Je lis essentiellement le matin pendant mon petit déjeuner et le soir avant de dormir.
5/ Quel genre de livres lisez-vous ?
Je ne pense pas vous étonner si je dis des livres en rapport avec l’histoire. Du roman historique à la biographie d’un universitaire, je suis un passionné. J’ai adoré « Le nom de la rose » d’Umberto Ecco, qui me rappelait mes études d’histoire sur l’Église au Moyen-âge. C’est avec lui que j’ai pris goût aux romans policiers se passant au Moyen-âge. Outre Elis Peters, j’apprécie tout particulièrement Paul Doherty et son frère Athelstan. Ses descriptions de Londres au XIVe siècle sont vivantes, truculentes, colorées et presque ... odorantes ! J’ai aussi beaucoup aimé le livre de Gary Jennings, «Azteca», remarquablement construit et qui sait si bien décrire la civilisation aztèque. Par ailleurs j’aime beaucoup Exbrayat dont j’apprécie l’humour de ses caricatures au vitriol, Pagnol et sa manière de faire revivre la Provence. Jeune j’ai été transporté par l’œuvre de René Barjavel, si poète et si simple en même temps. Parmi mes autres auteurs préférés il y a Flaubert (j’ai adoré « Madame Bovary » et « Salammbô »), Agatha Christie (en particulier « La mort n’est pas une fin ») et Marguerite Yourcenar et son livre « L’œuvre au noir ».
6/ Préférez-vous le livre papier ou le support numérique et pourquoi ?
J’ai longtemps été opposé au livre numérique, préférant le livre-papier dont on peut tourner les pages, revenir en arrière plus facilement, qui ne dépend pas de l’électricité. Je dois reconnaître cependant qu’il est tout aussi agréable de lire sur un livre numérique dont vous pouvez agrandir la police (ce qui aide bien quand on devient presbyte). Surtout, il est indéniablement avantageux lorsqu’on part en voyage, un encombrement minimum avec quasiment toute sa bibliothèque avec soi. Les auteurs classiques y étant gratuits, j’ai relus il y a deux ans tous les Arsène Lupin de Maurice Leblanc. Dans le cadre de mon métier je suis parfois amené à consulter des livres numérisés, ce qui m’épargne de longs déplacements et permet d’obtenir des textes intéressants et nouveaux.
7/ Vous souvenez-vous de vos premiers écrits et de ce qui vous à amené à écrire ?
J’ai toujours souhaité écrire pour raconter mes expériences. Mais, mes rédactions à l’école ne correspondaient pas toujours suffisamment à ce que mes professeurs attendaient. C’est le numérique qui m’a amené à écrire. Lorsque j’écrivais des mails, je racontais de manière plaisante des anecdotes afin de distraire mes correspondants. L’une d’elle un jour m’a répondu qu’il fallait que j’écrive des livres, que j’avais un talent pour cela. C’est ce qui m’a poussé à m’inscrire dans un atelier d’écriture.
8/ Que vous apporte l’écriture ?
L’équivalent d’une méditation je l’ai déjà dit. Mais elle m’oblige à être clair dans mon propos, de penser aussi au lecteur qui va lire mes écrits. Écrire oblige à une certaine rigueur. Il faut garder en tête le fil directeur de son histoire, savoir accrocher tout de suite le lecteur, lui donner envie de poursuivre. Cela s’apprend et ce n’est pas facile du tout.
9/ Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Avez-vous un roman en cours ? Si oui, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Mon éditeur me pousse avec ardeur à écrire un roman sur la vie d’un professeur. En fait, j’en avais envie depuis très longtemps. Entre les anecdotes drôles, stupéfiantes, ahurissantes que j’ai pu vivre dans mes classes, les demandes de la hiérarchie, les rencontres cocasses avec les parents d’élèves, j’ai de quoi écrire quelque chose d’amusant. J’ai toujours pensé qu’un essai sur l’enseignement (un de plus) n’apporterait rien. Mon but est aussi d’amuser les gens. S’il est vrai que c’est un métier parfois difficile, les gens seraient étonnés de voir qu’on y rit beaucoup, notamment dans les salles des profs.
10/ Vos lectures influencent-elles vos écrits ?
Oh que oui ! Je suis fan de Nicole de Buron. Elle décrit avec humour sa vie, son quotidien. Cet humour, parfois truculent, a été un déclencheur pour moi. Si mon projet va jusqu’à son terme, je lui dédicacerai ce roman tant elle m’a inspirée, appris ce qu’était vraiment l’humour. J’avais lu un critique dire que ses livres devraient être remboursés par la Sécurité Sociale et je suis d’accord. Je la relis lorsque mon moral baisse, cela évite de prendre un antidépresseur.
11/ Si je dis que vous êtes un auteur de fort tempérament, cela vous parle ou non ?
Mais il n’y a pas plus gentil que moi ! Blague à part, je suis effectivement quelqu’un qu’on pourrait qualifier en langage familier de « grande gueule ». Du fait de mon métier et de mon parcours personnel, j’ai été obligé de m’affirmer, parfois avec vigueur, afin de défendre mes choix. Mais un fort tempérament ne m’empêche pas d’être joyeux, parfois truculent, et très tolérant vis-à-vis des autres. Lorsque je dirige un groupe ou une association je n’impose rien. Les membres du groupe ont toute liberté de s’exprimer et de faire part de leurs idées. Dans une discussion j’aime écouter l’autre, contre-argumenter, sans hurler (enfin, presque !).
12/ Vous avez écrit la nouvelle « Une vie pour elle » avec Félicité Ngjiol. Qu’avez-vous dégagé de cette expérience ? Est-ce un exercice difficile que celui de co-écrire ?
Ce fut tout sauf difficile. Félicité est quelqu’un qui a beaucoup d’imagination. Elle aime parler de décors cosys et de sensations agréables. Elle apporte au récit une touche de merveilleux et de voluptueux. Contrairement à moi, elle ose se lancer dans le fantastique et le magique. La confrontation de nos deux personnalités a été très enrichissante. Comme nous avons tous les deux un tempérament rieur, cette écriture à deux a été ponctuée de fous-rires entre deux idées complètement farfelues. J’aimerai beaucoup recommencer. Écrire avec elle a été un réel plaisir.
13/ Vos écrits sont, depuis peu de temps, confrontés aux critiques des lecteurs de la plateforme www.pasvupaslu.com, les lisez-vous régulièrement et qu’en tirez-vous ?
Être publié, c’est s’exposer à la critique. Je le sais et j’en prend le risque, même si je n’aime pas trop qu’on touche à mon ouvrage (mon « bébé »). Je ne refuse jamais une critique quand elle est bienveillante et constructive. Les commentaires des lecteurs sont plutôt bienveillants dans l’ensemble. J’aimerais beaucoup par contre qu’ils détaillent plus leurs critiques, cela me permettrait de corriger ce qui ne va pas (et de garder ce qui leur plaît). J’attends beaucoup du site pour cet échange, mais j’insiste, toujours dans la bienveillance, de manière constructive et en assumant en toute honnêteté son identité.
14/ Selon vous, quelle est la plus grande difficulté rencontrée par un auteur contemporain ? Est-ce encore plus difficile pour une auteure black ?
Écrire paraît facile à priori mais ça ne l’est pas. Le plus grand défi est d’être lu par beaucoup de lecteurs dans un marché de l’édition tellement vaste, avec des genres et des supports si variés. Il faut donc trouver un sujet qui plaise, écrire de façon à accrocher le lecteur et ne pas le perdre en cours d’écrit. Pas facile ! La concurrence est rude et les médias ne valorisent que quelques auteurs.
Pour votre question sur une auteure black, j’avoue ne jamais avoir pensé à cela. Black, blanc, jaune ou beur, homme ou femme, si un auteur est bon, le public saura le reconnaître. Les personnes « de couleur » ne se ressentent jamais eux-mêmes comme gens de couleurs. Dans leur miroir le matin, ils voient un homme ou une femme. Ce qu’ils sont ! À nous de ne jamais leur renvoyer leur différence et de ne pas insister dessus. Sur cet aspect, il reste de sacrés efforts à faire pour combattre les préjugés !
15/ Selon vous, l’école représente-t-elle un outil d’aide à l’écriture et à la créativité ou pas du tout ?
N’oublions pas que l’école apprend aux enfants à lire et à écrire, c’est déjà beaucoup. Une écrasante majorité des professeurs des écoles ou de lettres au collège essaient d’ouvrir les enfants sur la culture et la lecture : visite de médiathèques, création de bibliothèques dans les établissements scolaires, défis lectures, rallyes lecture, rédactions, création d’un journal… Leurs projets sont nombreux et leur demandent beaucoup d’efforts, non reconnus et non rémunérés la plupart du temps. Malgré tout cela, un enseignant ne fait que semer une graine. Elle peut germer et s’épanouir ou ne rien donner parce que les centres d’intérêt de l’enfant sont ailleurs. La limite de son influence s’arrête à la porte de la salle de classe.
16/ Avez-vous ressenti une fléchissement en ce qui concerne les écrits de vos élèves ces 5 dernières années ou au contraire, les téléphones portables poussant à écrire des SMS un goût pour prononcé pour l’écriture ?
La dégradation de la maîtrise de la langue est devenue inquiétante. L’orthographe est de plus en plus mal maîtrisée, la grammaire également. Un collègue travaillant en classes préparatoires m’a dit que ses élèves ne maîtrisaient pas le passé simple ! Plus grave encore : mes élèves, très volontaires en cours, n’ont plus assez de vocabulaire pour traduire leurs idées, voire leurs sentiments. Rien de tout cela ne les pousse à écrire. Chercher à qui la faute est une question très à la mode. Elle me paraît totalement inutile. Il faut y remédier, c’est tout ! L’intérêt de l’enfant passe par là. C’est cela qui doit nous guider ! Abandonnons donc les grandes théories et réagissons concrètement sur le terrain en laissant aux équipes les moyens de mettre en place des solutions adaptées.
17/ Quels sont vos projets artistique et littéraire 2019/2020 ?
Comme chaque année au sein de l’association Eaux et Lavis, je vais exposer mes œuvres au cours de notre exposition collective. J’espère pouvoir en exposer, toujours avec les autres membres de cette association, à l’unité de soins palliatifs de La Verrière. Cela permet aux patients et à leurs familles de profiter d’un cadre agréable et renouvelé. 
Je compte continuer à participer à l’atelier d'écriture de Terhoma J’espère sincèrement avoir le temps d’écrire ce roman sur la vie d’un professeur et de terminer la nouvelle commencée avec Félicité.
18/ Que vous apporte votre présence sur la plateforme www.pasvupaslu.com ?
Pour l’instant pas grand-chose car "Ah-Mun" ma nouvelle, a été mise en ligne le 14 novembre denier. je n’ai pas donc pas eu encore de critiques. Mais c’est une grande fierté que d’être considéré comme auteur.
19/ Avez-vous des attentes particulières que vous souhaiteriez trouver sur www.pasvupaslu.com ?
J’aimerais beaucoup que les échanges entre lecteurs et auteurs s’intensifient. J’attends beaucoup du regard des lecteurs. Ce site offre une opportunité formidable de mettre en contact auteurs et lecteurs.
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